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Monographie de l’environnement
 de la Région du Centre-Nord

 

La région du Centre-Nord connaît un développement modéré par rapport au reste du Maroc. Avec 70 % de la population de la région, la ville de Fès constitue un pôle de concentration, dont l'influence s'exerce sur toute la région. Les villes de Taza, Al Hoceïma et à moindre degré Sefrou constituent des villes de taille moyenne avec des influences peu étendues dans l'espace. Le reste des villes de la région est constitué de centres qui connaissent des développements relativement soutenus depuis quelques années. Certains centres, situés dans la banlieue des grandes villes, jouant le rôle de centres satellites et quartiers périphériques, connaissent une croissance démographique rapide.

En matière environnementale, les espaces urbains connaissent une dégradation inquiétante à multiples égards. En premier lieu, les insuffisances en infrastructures de base et les conditions de l'habitat constituent l'origine principale de la dégradation de la salubrité du milieu.

L' insuffisance en espaces verts est une caractéristique générale de toutes les villes. Les ratios par habitant sont nettement en deçà des normes recommandées à l'échelle internationale. Pour les principales villes, les ratios relatifs en espaces verts utiles, accessibles à tout moment à la population ne dépassent guère 3 m²/hab., loin des 10 m²/hab. recommandés par l'OMS. La situation est inégale suivant les quartiers des villes. Le manque d'éducation environnementale du citoyen, les insuffisances des moyens, ainsi que les faibles réserves foncières des communes sont souvent évoqués comme causes de cet état de fait.

La dégradation, souvent irréversible, du patrimoine historique et civilisationnel traduit le fait que cette question n'est pas encore traitée avec le niveau d'efficacité requis. La ville de Fès, partiellement considérée comme patrimoine universel, n'a pas encore réussi à mettre en place une politique efficace en matière de réhabilitation et de sauvegarde du patrimoine, malgré les efforts déployés par les autorités et par l'ADER. Le projet de relogement des "tanneurs", dont l'objectif est la réhabilitation de la médina butent encore sur des problèmes liés au faible pouvoir d'achat des artisans concernés.

En matière de nuisances urbaines, les déchets solides, les rejets liquides et la pollution de l'air constituent les aspects les plus urgents pour les villes.

Les déchets solides connaissent des insuffisances aussi bien au niveau de la collecte qu'au niveau de leur élimination ultime. Pour la collecte, les taux de couverture dépassent rarement 80 %. L'élimination quant à elle, s'effectuent dans des conditions très précaires. Les déchets sont souvent exposés aux pluies produisant ainsi des lixiviats hautement contaminant qui rejoignent les cours d'eau et la nappe. le plus souvent, des populations à l'aval utilisent ces derniers pour leurs besoins domestiques.

Les déchets solides sont également exposés aux vents, transportant papiers, plastiques ainsi que les odeurs à des distances importantes et dans les quartiers avoisinants.

Avec la pratique du "tout à la décharge", les déchets professionnels, en particulier hospitaliers, se retrouvent accessibles aux populations de recycleurs et aux troupeaux d'animaux s'alimentant à partir des décharges. Ils sont également exposés aux différents animaux (chiens et chats errants), insectes et vecteurs de maladies transitant par la décharge.

Le plan d’action proposé répond à une stratégie régionale amplement développée. Ses enjeux fondamentaux sont :

  1.  Les tendances à la dégradation du milieu et des ressources de la région constituent autant de menaces aux acquis et atouts socio-économiques de la région. Le plan d’action devrait constituer l’instrument pour infléchir ces tendances et reconquérir la qualité intrinsèque du milieu.

  2.  Des réformes sont en cours en matière d’organisation territoriale, d’institutionnalisation et de renforcement de la région. La concrétisation du plan d’action et les conditions d’organisation qui l’accompagnent sont de nature à favoriser, dans le contexte qui prévaut, l’émergence d’une réforme institutionnelle, adaptée aux spécificités de la région, dans le domaine de la gestion de l’environnement.

  3. Une gestion judicieuse de l’environnement favorise la valorisation des vocations naturelles du milieu.

Le plan d'action prévoit des actions s'articulant autour des axes suivants:

 

 Espace Urbain

Maîtriser le développement urbain

  • élaborer et actualiser l’intégralité des SDAU et des plans d’aménagement des villes et des centres de la RCN dans un délai de cinq années;

  • élaborer un plan directeur de développement des petits centres satellites des chef-lieux de province: délimitation, infrastructures, intégration dans l’armature urbaine, programmes d’accès à l’habitat, etc.;

  • intégrer, de manière explicite, la dimension environnementale dans les documents d'urbanisme.

Protéger les zones sensibles et inondables

  • élaborer un cahier des charges pour l’urbanisation des zones inondables avec des dispositions adéquates concernant les dispositifs de drainage et de protection (fosses drainantes, drainage de voirie, fondations et caves, bassins d’absorption, déversoirs d’orage, etc.).

Renforcer la réserve foncière des communes urbaines

  • doter l'Administration de la Conservation Foncière de moyens matériels et humains pour généraliser l'immatriculation foncière et assurer le suivi et l'actualisation des titres fonciers dans le but de faciliter la gestion de l'urbanisation.

Réduire le déficit en logement

  • réaliser les programmes d’infrastructure prévus par les schémas directeurs (réseaux de voirie, d’assainissement, d’AEP et d'éclairage public);

  • Elaborer et mettre en oeuvre un plan de restructuration des zones d’habitat non réglementaire dans les grandes villes de la région;

Lutte contre l'habitat insalubre

  •  pour la ville de Fès, il s'agit de renforcer les moyens de l'ADER et de donner l'impulsion nécessaire pour que cette dernière réalise ses programmes;

  •  pour les autres villes (Taza, Sefrou et Bhalil), établir les programmes nécessaires pour la dédensification et la réhabilitation des médinas.

Gestion des déchets

Collecte et nettoiement des voies publiques

  •  restructuration du système de collecte (en vue d’améliorer la desserte des usagers à court et moyen terme)

  •  plan de renouvellement et de renforcement du matériel et du parc roulant des services municipaux de collecte

  •  renforcement des capacités humaines des services chargés de la collecte selon des ratios objectifs de couverture par nombre   d’habitants et par superficie couverte, adaptés aux modes prévalant de collecte selon le cas

Elimination des décharges non contrôlées

  •  plan d’éradication des décharges sauvages non contrôlées;

  •  réhabilitation et mise en conformité des décharges existantes non saturées: clôtures, système de drainage, plan d’enfouissement, dispositif de contrôle, consignes de gestion, etc.

  •  schéma directeur des sites potentiels pour décharges: identifier de nouveaux sites, compte tenu de la saturation des décharges actuelles à terme;

Maîtrise des déchets industriels de Fès

  •  études sectorielles des déchets industriels et de leur impact: caractérisation, quantités produites, nuisances et toxicité, précautions de manutention, traitement approprié, possibilités de recyclage et déchets ultimes, précautions au niveau de l’enfouissement en décharge, etc.;

  •  études sectorielles des déchets de l’artisanat de la ville: caractérisation des déchets, nuisances et toxicité, matières à recycler, faisabilité technique et économique du recyclage, réduction des déchets, etc.;

  •  ateliers et campagnes de vulgarisation des résultats des études.

  •  élimination de tous les rejets dans la carrière de Bensouda; remise en état et réhabilitation du site.

Opération de nettoiement du réseau hydrographique de la ville de Fès

  •  évaluation des dépôts actuels de déchets le long des oueds de la ville;

  •  restructuration des circuits de collectes et mise en place des moyens humains et matériels adéquats;

  •  élaboration d'un plan de dépollution des oueds;

La nature dans la ville

L' insuffisance en espaces verts est une caractéristique générale de toutes les villes. Les ratios par habitant sont nettement en deçà des normes recommandées à l'échelle internationale. Pour les principales villes, les ratios relatifs en espaces verts utiles, accessibles à tout moment à la population ne dépassent guère 3 m²/hab., loin des 10 m²/hab. recommandés par l'OMS. La situation est inégale suivant les quartiers des villes. Le manque d'éducation environnementale du citoyen, les insuffisances des moyens, ainsi que les faibles réserves foncières des communes sont souvent évoqués comme causes de cet état de fait.Le plan d’action a proposé l’action suivante :

Protection de la nature en ville

  • Généraliser les jardins de quartier;

  • Réhabiliter les espaces et parcs dégradés ou insuffisamment aménagés: voies d’accès, conditions de quiétude et de confort, plantations, protection, gardiennage, etc.;

  • Aménagement de deux espaces récréatifs à la limite du périmètre urbain de la ville d’al hoceima: forêt d’eucalyptus de souan et forêt de pin d’alep.

  • Etablissement d'un plan d’aménagement des berges fluviales au niveau de Sefrou, Fès et Taza;

  • Etablissement d'un plan de sauvegarde des vergers de cerisiers dans la ville de Sefrou et sa périphérie;

  • Création de jardins botaniques dans les villes de Fès, Sefrou, Taza et Al Hoceima;

  • Réalisation de campagnes de sensibilisation auprès de la population sur les enjeux liés aux espaces verts et pour leur respect et préservation.

Pollution de l'air

Les rejets gazeux des transports et des industries de la RCN sont évalués à 1.800 tonnes de SO2, 25.000 tonnes de NOx, 1.000 tonnes de MES et 18 tonnes de Pb, dont près de 75 % sont émis dans la ville de Fès. Ces rejets sont relativement moins élevés par rapport à d’autres régions du pays. Cependant, une augmentation mal contrôlée du parc automobile et une localisation inadéquate de nouvelles zones industrielles pourraient les accroître et se traduire par des émissions bien au dessus des normes admises.

Le plan d’action a proposé les actions suivantes :

Protection de la qualité de l'air

  •  inventaire et caractérisation des émissions dans l’air des installations industrielles et artisanales de la ville de Fès;

  •  mise en place d’un système de contrôle de la qualité de l’air dans la ville de Fès: capteurs pour la mesure de polluants (dioxyde de soufre, monoxyde et dioxyde d’azote, poussières, Pb);

Réduction de l'effet des poussières dans les villes

  •  Mise en place d'un plan d’élimination des poussières dues à l’exploitation des carrières et au transit des camions transportant les matériaux par le centre de la ville de Sefrou.

  •  Plan de création de ceintures vertes pour la protection des agglomérations de la Moyenne Moulouya contre les poussières.

Patrimoine historique

La dégradation, souvent irréversible, du patrimoine historique et civilisationnel traduit le fait que cette question n'est pas encore traitée avec le niveau d'efficacité requis. La ville de Fès, partiellement considérée comme patrimoine universel, n'a pas encore réussi à mettre en place une politique efficace en matière de réhabilitation et de sauvegarde du patrimoine, malgré les efforts déployés par les autorités et par l'ADER. Le projet de relogement des "tanneurs", dont l'objectif est la réhabilitation de la médina butent encore sur des problèmes liés au faible pouvoir d'achat des artisans concernés.

Le plan d’action a proposé les actions suivantes :

  • Inventaire et classement de monuments et sites archéologiques de la RCN*

  • Réhabilitation et sauvegarde des médinas

Conservation des ressources en sol

L’érosion constitue la principale cause de dégradation des sols. Ses effets sont multiples: perte du substrat de végétation et perte de fertilité. Elle se traduit notamment par une perte de productivité agricole, forestière et pastorale. A l’aval, elle provoque l’envasement des retenues de barrages et des ouvrages hydro-agricoles.

Les risques de dégradation des sols sont forts sur 40 % de l’étendue de la Centre-Nord (16.700 ha). Les terres les plus exposées comprennent le couloir pré-rifain, les collines du Prérif, les montagnes du Rif, de Kétama, de Jbel Tazeka et de Taïneste.

Les risques d’envasement sont particulièrement importants dans les bassins versants rifains: Inaouene (1.110 tonnes/km2/an), Ouergha (2.000 à 3.600 tonnes/km2/an), Nekor (6.000 tonnes/km2/an). L’envasement progressif de la retenue Mohamed V, sur l’oued Moulouya est préoccupant: son volume est passé de 726 Mm3 à 470 Mm3, et ne sera plus que de 200 Mm3 en l’an 2020.

Cette situation est accentuée par la pression humaine massive qui prévaut dans les zones les plus menacées; cette pression cause depuis plusieurs années le défrichement des groupements végétaux à base d’essences secondaires et fait repousser les cultures sur les pentes les plus fortes et les plus sujettes à l’érosion.

Le plan d’action a proposé les actions suivantes :

réhabilitation et conservation des sols agricoles ( promouvoir les travaux de Défense et de Restauration des sols (DRS)

  • faire des banquettes selon le sens des courbes de niveau afin de briser l'écoulement des eaux et de réduire le transport des sédiments

  • réaliser des plantations d'arbres fruitiers, tels que l'olivier, l'amandier, le figuier et le caroubier, avec des densités optimales pour la mise en valeur des terrains en pente.

inventaire et cartographie des ressources en sols

  • évaluer le potentiel en sol de la RCN;

  • repérer les sols à problèmes (érosion, salinité...);

  • établir des cartes de vulnérabilité à la dégradation.

  • établir des directives en matière d'évaluation de risques de dégradation.

Protéger les ouvrages hydrauliques contre l'envasement

  • mise en oeuvre des mesures et recommandations des études de bassins versants en matière de conservation des sols, notamment à l'amont des ouvrages hydrauliques (DERRO, Plan d'aménagement des bassins versants..).

  • réalisation d'actions prioritaires: notamment en matière de stabilisation des berges et zones sensibles (mesures biologiques et mécaniques)

Lutte contre la désertification dans la région de la Moulouya

  • ensemencer les parcours d'espèces végétales résistantes et productives (voir l'expérience réalisée à Aard dans la haute Moulouya).

  • promouvoir les techniques de collecte d'eau pluviales (water harvesting)

  • sensibiliser la population des usagers des parcours à l'importance de la conservation des sols et des parcours et aux risques de désertification.

Gestion des ressources en eau

La région du Centre-Nord reçoit près de 20% des apports moyens en eau de surface enregistrés à l’échelle nationale, soit plus d’apports que les bassins du Tensift, Tangérois, Loukkos et Souss Massa réunis. Cette richesse hydrique est cependant menacée par les effets d’une pollution considérable, évaluée globalement à 87.000 tonnes par an de matières polluantes, dont près de 80 % sont produites dans la ville de Fès.

La dégradation de la qualité des eaux a touché la majorité des branches du bassin du Sebou. La situation est particulièrement critique dans les cours d’eau qui reçoivent des rejets urbains : Oued Fès, oued Iyhoudi, Oued Inaouen, etc. La plus grande partie de l’écoulement de ces oueds est constituée de ces rejets. Les indicateurs de pollution sont tels que, même à 90 km de la confluence de oued Fès, utiliser cette eau pour produire de l’eau potable est à peine tolérable, voire inacceptable.

D’autre part, la surexploitation des eaux souterraines du Saïs est à l'origine de la chute des débits des sources et des débits de base des cours d’eau de la plaine, notamment Oued Fès dont la capacité épuratoire est réduite à néant.

Des signes d’invasion marine sont, par ailleurs, enregistrés dans la nappe du Nekor sur le littoral méditerranéen de la région

Les actions suivantes sont proposées :

Accroissement de la mobilisation de l'eau

  • accroissement de l'alimentation en eau potable;

  • accroissement de la production agricole;

  • création de revenus et fixation de la population dans les zones les plus touchées par l'exode rural (notamment la Moulouya et la   province de Taza);

  • création de possibilités récréatives (lacs de barrages).

Conservation et protection des ressources en eau

  • élaborer un programme intégré pour la conservation des débits de base des cours d’eau de la plaine du Sais: réglementation des pompages, aménagements de recharge, ressources d’appoint pour l’irrigation, etc.;

  • élaborer un programme de conservation des eaux souterraines par recharge artificielle: Nekkor, partie méridionale de la nappe phréatique du Sais, petites nappes alluviales du Prérif, nappes alluviales du versant est du Haut Atlas dans la moyenne Moulouya;

Dépollution et restauration de la qualité de l'eau

Renforcement des capacités de gestion

Approvisionnement en eau potable

Alimentation en eau potable urbaine

  • élaboration de schémas directeurs actualisés d’alimentation en eau potable de toutes les villes et centres de la région;

  • équipement des quartiers non encore raccordés dans les villes de la région

  • élaboration de programmes de dégagement de ressources en eau complémentaires pour résoudre les situations de déficit actuelles et à venir qui caractérisent les villes et centres de la région;

  • élaboration de programmes d’amélioration des rendements des réseaux de production et de distribution d’eau en milieu urbain: rendement de 95 % à moyen terme;

Approvisionnement en eau potable en milieu rural

Assainissement, épuration et valorisation agricole des eaux usées

La Centre-Nord présente des déficits notables en ce qui concerne l’évacuation et l’épuration des eaux usées en milieu urbain. Le taux moyen de raccordement de la population de la région à un réseau collectif d’assainissement est de 64 % . Près de 480.000 hab des villes et centres de la région ne sont donc pas raccordés. Le déficit d’équipement est plus important que la moyenne nationale et place la RCN parmi les régions les moins équipées du pays. Les niveaux d’équipement sont particulièrement bas pour quelques villes importantes de la région: 65 % pour Fès; 47 % pour Missour; 25 % pour Outat El Haj; 40 % pour Guercif.

Les réseaux d’assainissement de la région sont dans le cas général vétustes, en mauvais état, sous-dimensionnés et mal entretenus: 8 % seulement de ces réseaux sont jugés en « bon état ». Cette situation se traduit par une fonctionnalité insuffisante des réseaux: ruptures et casse de collecteurs, endommagement d’avaloirs et de regards, colmatage, autocurage insuffisant, etc.

Les effets de cette dégradation accentuent l’impact de la pollution charriée par les eaux usées, compliquent les problèmes de gestion des réseaux et affectent la salubrité publique: contaminations et risques sanitaires graves dus aux fuites, à la stagnation et aux débordements des eaux usées.

D’autre part, les stations construites pour l’épuration des eaux usées des villes de Boulemane, Imzouren, Bni Bouayach, Thar Souk, Outat El Haj, Missour, Aknoul, etc., ne fonctionnent pas actuellement; la plupart ne semblent pas avoir été exploitées par le passé. Les systèmes de lagunage existants sont défaillants, mal implantées et sous-dimensionnés. Ces stations n’ont donc aucun impact sur l’abattement de la pollution organique. Le déficit en épuration demeure total et les rejets sont évacués à l’état brut.

La situation en milieu rural est davantage préoccupante; moins de 1 % des localités et douars disposent d’un réseau d’assainissement et moins de 15% de ces localités disposent d’un assainissement individuel par latrines. Le sous-équipement est chronique en la matière, les conditions de salubrité douteuses et les rapports à l’hygiène fortement précaires.

Devant cette situation, l’objectif-cible du plan d’action est d’apporter une amélioration substantielle des équipements de collecte et d’épuration dans la région, sur la base des recommandations du SDNAL.

Les actions proposées sont :

Assainissement urbain (réseaux et branchements)

  • engager les travaux de réhabilitation des réseaux d’assainissement dégradés ou inAdaptés

  • réduire les déficits d’équipement dans les quartiers existants et nouveaux.

  • éradiquer les points noirs et réduire les risques sanitaires dus aux fuites, à la stagnation et aux débordements des eaux usées au sein des villes et centres.

Assainissement en milieu rural

  • vulgariser les systèmes autonomes d’assainissement en milieu rural et associer de manière systématique la composante de l'assainissement dans Les programmes d’approvisionnement en eau et d’encadrement sanitaire;

  • assainissement des centres prioritaires:

 

Epuration et réutilisation des effluents urbains

  • réhabiliter les stations d’épuration existantes, améliorer leur rendement épuratoire et mettre en place un système de prise en charge en vue de leur fonctionnement adéquat;

  • mettre en place des plans de traitement primaire des rejets des eaux usées brutes de l’ensemble des villes et centres

  • établir des directives régionales et communales en vue de proscrire la réutilisation des eaux usées à l’état brut pour l’irrigation;

  • réaliser des études d'évaluation sanitaire des effets de l’irrigation non contrôlée, par des eaux usées dans la région;

Littoral

Le littoral de la Centre-Nord est particulièrement fragile en raison des caractères géomorphologiques, hydrologiques et biologiques de ses côtes. Il subit en outre des agressions qui dégradent sa qualité et ses ressources. Les côtes sont ainsi polluées par les rejets des eaux usées et le déversement de matières solides sur les rivages; les plages sont dégradées par la surfréquentation; l’érosion naturelle menace les dunes, baies, lagunes et estuaires; l’urbanisation non contrôlée et l’extraction abusive des sables de plage aggravent cette menace.

Les ressources halieutiques sont surexploitées et dégradées en raison de l’effort de pêche non contrôlé et de l’usage d’explosifs et de modes de pêche illicites.

Le littoral de la région est, par ailleurs, vulnérable aux risques de déversements accidentels d’hydrocarbures et recèle une faune de grand intérêt écologique, aujourd’hui menacée.

La situation qui prévaut sur le littoral de la RCN appelle donc une action environnementale, à la fois préventive et de reconquête de la qualité du milieu côtier de la région. Il s’agit de stopper le rythme de dégradation du littoral, de rétablir la qualité du milieu côtier et de préserver la capacité de production de l’habitat de poisson.

Les actions proposées sont :

Dépollution et restauration de la côte

  • assainissement du littoral

  • assainissement du port

  • décontamination et restauration de la côte

Protection du littoral contre les déversements accidentels

  • élaborer des mesures d'urgence et établir les mécanismes pour détecter et signaler tout cas de pollution dans les différentes zones du littoral de la région;

  • fournir les moyens nécessaires pour les interventions d’urgence: dispersants chimiques, estacades gonflables; écumeurs, etc.;

  • instaurer une surveillance continue du degré de conTamination du milieu par les hydrocarbures, même en dehors des déversements accidentels (étant donné que le littoral de la région est traversé par une flottille nombreuse de pétroliers);

  • instaurer des mécanismes d'indemnisation en cas d’accidents.

Conservation de la biodiversité

  • établir l'inventaire des espèces menacées ou vulnérables dans le littoral de la RCN;

  • établir l'inventaire des populations d’oiseaux marins du littoral de la RCN .

  • élaborer des rapports d’état sur la situation des espèces spécifiques et prioritaires;

  • cartographier les habitats et analyser des substances chimiques toxiques présentes dans les tissus de ces différentes espèces;

  • identifier les sites à protéger dans le cadre du programme de sauvegarde des habitats;

  • réaliser des études d'évaluation écotoxicologique des rejets liquides et de l’état de santé des espèces ainsi que l’impact de la réduction des rejets sur les niveaux de contamination du milieu;

  • instaurer des moratoires et périodes de surveillance appropriées

  • Protection des ressources halieutiques

  • instaurer une limitation des activités halieutiques pratiquées par les unités polyvalentes de pêche basées à Al Hoceima;

  • procéder au respect rigoureux de la réglementation existante en ce qui concerne le chalutage au delà de 3 milles et la chasse sous marine;

  • procéder à l’interdiction de chasser à la lampe sous marine;

  • instaurer une allocation d’un quota de mérou par semaine et par chasseur muni de son permis de chasse, délivré par les Affaires maritimes;

  • établir un plan d’organisation du secteur de la pêche (milieu associatif et professionnel) en vue d’une production halieutique auto-contrôlée et auto-régulée;

Aménagement côtier

  • Développer une approche appropriée à l’aménagement touristique du littoral: introduire les notions de capacité d’accueil et de seuil de fréquentation des sites touristiques; concevoir ces seuils pour l’ensemble des sites du littoral de la région (le Littoral et les sites touristiques en particulier possèdent une capacité limitée et chiffrable d’assimilation, selon cette approche);

  • Mettre en place des procédures de contrôle strict et régulier des conditions d’hygiène, de salubrité et d’assainissement des campings autorisés;

  • Mettre en place un plan d’éradication des campings clandestins, non équipés et présentant des conditions graves de pollution et d’insalubrité;

  • Etablir des directives pour instituer l’obligation d’études microbiologiques des eaux de Baignade, avant, pendant et après la saison estivale au niveau des stations balnéaires de la région;

  • Etablissement de directives destinées à éviter l’aménagement linéaire des côtes et définissant les conditions d’accès au littoral, notamment le long de bandes côtières dont la largeur est également à définir;

  • Institution de l’obligation d’une étude d’impact environnemental pour tout projet de lotissement, de complexe touristique, d’installation de production, etc.;

  • Mise en place une structure provinciale de vigilance contre les menaces de défiguration de sites du littoral.

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