Monographie de l’environnement
de la Région du Centre-Nord
La région du Centre-Nord connaît un développement modéré par rapport au
reste du Maroc. Avec 70 % de la population de la région, la ville de Fès
constitue un pôle de concentration, dont l'influence s'exerce sur toute la
région. Les villes de Taza, Al Hoceïma et à moindre degré Sefrou
constituent des villes de taille moyenne avec des influences peu étendues
dans l'espace. Le reste des villes de la région est constitué de centres
qui connaissent des développements relativement soutenus depuis quelques
années. Certains centres, situés dans la banlieue des grandes villes,
jouant le rôle de centres satellites et quartiers périphériques,
connaissent une croissance démographique rapide.
En matière environnementale, les espaces
urbains connaissent une dégradation inquiétante à multiples égards. En
premier lieu, les insuffisances en infrastructures de base et les
conditions de l'habitat constituent l'origine principale de la dégradation
de la salubrité du milieu.
L' insuffisance en espaces verts est une
caractéristique générale de toutes les villes. Les ratios par habitant
sont nettement en deçà des normes recommandées à l'échelle internationale.
Pour les principales villes, les ratios relatifs en espaces verts utiles,
accessibles à tout moment à la population ne dépassent guère 3 m²/hab.,
loin des 10 m²/hab. recommandés par l'OMS. La situation est inégale
suivant les quartiers des villes. Le manque d'éducation environnementale
du citoyen, les insuffisances des moyens, ainsi que les faibles réserves
foncières des communes sont souvent évoqués comme causes de cet état de
fait.
La dégradation, souvent irréversible, du
patrimoine historique et civilisationnel traduit le fait que cette
question n'est pas encore traitée avec le niveau d'efficacité requis. La
ville de Fès, partiellement considérée comme patrimoine universel, n'a pas
encore réussi à mettre en place une politique efficace en matière de
réhabilitation et de sauvegarde du patrimoine, malgré les efforts déployés
par les autorités et par l'ADER. Le projet de relogement des "tanneurs",
dont l'objectif est la réhabilitation de la médina butent encore sur des
problèmes liés au faible pouvoir d'achat des artisans concernés.
En matière de nuisances urbaines, les déchets
solides, les rejets liquides et la pollution de l'air constituent les
aspects les plus urgents pour les villes.
Les déchets solides connaissent des
insuffisances aussi bien au niveau de la collecte qu'au niveau de leur
élimination ultime. Pour la collecte, les taux de couverture dépassent
rarement 80 %. L'élimination quant à elle, s'effectuent dans des
conditions très précaires. Les déchets sont souvent exposés aux pluies
produisant ainsi des lixiviats hautement contaminant qui rejoignent les
cours d'eau et la nappe. le plus souvent, des populations à l'aval
utilisent ces derniers pour leurs besoins domestiques.
Les déchets solides sont également exposés
aux vents, transportant papiers, plastiques ainsi que les odeurs à des
distances importantes et dans les quartiers avoisinants.
Avec la pratique du "tout à la décharge", les
déchets professionnels, en particulier hospitaliers, se retrouvent
accessibles aux populations de recycleurs et aux troupeaux d'animaux
s'alimentant à partir des décharges. Ils sont également exposés aux
différents animaux (chiens et chats errants), insectes et vecteurs de
maladies transitant par la décharge.
Le plan d’action proposé répond à une
stratégie régionale amplement développée. Ses enjeux fondamentaux sont :
-
Les tendances à la dégradation du
milieu et des ressources de la région constituent autant de menaces aux
acquis et atouts socio-économiques de la région. Le plan d’action devrait
constituer l’instrument pour infléchir ces tendances et reconquérir la
qualité intrinsèque du milieu.
-
Des réformes sont en cours en matière
d’organisation territoriale, d’institutionnalisation et de renforcement de
la région. La concrétisation du plan d’action et les conditions
d’organisation qui l’accompagnent sont de nature à favoriser, dans le
contexte qui prévaut, l’émergence d’une réforme institutionnelle, adaptée
aux spécificités de la région, dans le domaine de la gestion de
l’environnement.
-
Une gestion judicieuse de l’environnement
favorise la valorisation des vocations naturelles du milieu.
Le plan d'action prévoit des actions
s'articulant autour des axes suivants:
Espace Urbain
Maîtriser le
développement urbain
-
élaborer
et actualiser l’intégralité des SDAU et des plans d’aménagement des
villes et des centres de la RCN dans un délai de cinq années;
-
élaborer
un plan directeur de développement des petits centres satellites des
chef-lieux de province: délimitation, infrastructures, intégration dans
l’armature urbaine, programmes d’accès à l’habitat, etc.;
-
intégrer,
de manière explicite, la dimension environnementale dans les documents
d'urbanisme.
Protéger les
zones sensibles et inondables
-
élaborer
un cahier des charges pour l’urbanisation des zones inondables avec des
dispositions adéquates concernant les dispositifs de drainage et de
protection (fosses drainantes, drainage de voirie, fondations et caves,
bassins d’absorption, déversoirs d’orage, etc.).
Renforcer la
réserve foncière des communes urbaines
Réduire le
déficit en logement
-
réaliser les programmes d’infrastructure prévus par les schémas
directeurs (réseaux de voirie, d’assainissement, d’AEP et d'éclairage
public);
-
Elaborer et mettre en oeuvre un plan de restructuration des zones
d’habitat non réglementaire dans les grandes villes de la région;
Lutte contre
l'habitat insalubre
-
pour
la ville de Fès, il s'agit de renforcer les moyens de l'ADER et de
donner l'impulsion nécessaire pour que cette dernière réalise ses
programmes;
-
pour
les autres villes (Taza, Sefrou et Bhalil), établir les programmes
nécessaires pour la dédensification et la réhabilitation des médinas.
Gestion des
déchets
Collecte et
nettoiement des voies publiques
-
restructuration
du système de collecte (en vue d’améliorer la desserte des usagers à
court et moyen terme)
-
plan
de renouvellement et de renforcement du matériel et du parc roulant des
services municipaux de collecte
-
renforcement
des capacités humaines des services chargés de la collecte selon des
ratios objectifs de couverture par nombre d’habitants et par
superficie couverte, adaptés aux modes prévalant de collecte selon le
cas
Elimination
des décharges non contrôlées
-
plan
d’éradication des décharges sauvages non contrôlées;
-
réhabilitation
et mise en conformité des décharges existantes non saturées: clôtures,
système de drainage, plan d’enfouissement, dispositif de contrôle,
consignes de gestion, etc.
-
schéma
directeur des sites potentiels pour décharges: identifier de nouveaux
sites, compte tenu de la saturation des décharges actuelles à terme;
Maîtrise des
déchets industriels de Fès
-
études
sectorielles des déchets industriels et de leur impact: caractérisation,
quantités produites, nuisances et toxicité, précautions de manutention,
traitement approprié, possibilités de recyclage et déchets ultimes,
précautions au niveau de l’enfouissement en décharge, etc.;
-
études
sectorielles des déchets de l’artisanat de la ville: caractérisation des
déchets, nuisances et toxicité, matières à recycler, faisabilité
technique et économique du recyclage, réduction des déchets, etc.;
-
ateliers
et campagnes de vulgarisation des résultats des études.
-
élimination
de tous les rejets dans la carrière de Bensouda; remise en état et
réhabilitation du site.
Opération de
nettoiement du réseau hydrographique de la ville de Fès
-
évaluation
des dépôts actuels de déchets le long des oueds de la ville;
-
restructuration
des circuits de collectes et mise en place des moyens humains et
matériels adéquats;
-
élaboration
d'un plan de dépollution des oueds;
La nature
dans la ville
L'
insuffisance en espaces verts est une caractéristique générale de toutes
les villes. Les ratios par habitant sont nettement en deçà des normes
recommandées à l'échelle internationale. Pour les principales villes,
les ratios relatifs en espaces verts utiles, accessibles à tout moment à
la population ne dépassent guère 3 m²/hab., loin des 10 m²/hab.
recommandés par l'OMS. La situation est inégale suivant les quartiers
des villes. Le manque d'éducation environnementale du citoyen, les
insuffisances des moyens, ainsi que les faibles réserves foncières des
communes sont souvent évoqués comme causes de cet état de fait.Le plan
d’action a proposé l’action suivante :
Protection
de la nature en ville
-
Généraliser les jardins de quartier;
-
Réhabiliter les espaces et parcs dégradés ou insuffisamment aménagés:
voies d’accès, conditions de quiétude et de confort, plantations,
protection, gardiennage, etc.;
-
Aménagement de deux espaces récréatifs à la limite du périmètre urbain
de la ville d’al hoceima: forêt d’eucalyptus de souan et forêt de pin
d’alep.
-
Etablissement d'un plan d’aménagement des berges fluviales au niveau de
Sefrou, Fès et Taza;
-
Etablissement d'un plan de sauvegarde des vergers de cerisiers dans la
ville de Sefrou et sa périphérie;
-
Création
de jardins botaniques dans les villes de Fès, Sefrou, Taza et Al
Hoceima;
-
Réalisation de campagnes de sensibilisation auprès de la population sur
les enjeux liés aux espaces verts et pour leur respect et préservation.
Pollution
de l'air
Les
rejets gazeux des transports et des industries de la RCN sont évalués à
1.800 tonnes de SO2, 25.000 tonnes de NOx, 1.000 tonnes de MES et 18
tonnes de Pb, dont près de 75 % sont émis dans la ville de Fès. Ces
rejets sont relativement moins élevés par rapport à d’autres régions du
pays. Cependant, une augmentation mal contrôlée du parc automobile et
une localisation inadéquate de nouvelles zones industrielles pourraient
les accroître et se traduire par des émissions bien au dessus des normes
admises.
Le plan
d’action a proposé les actions suivantes :
Protection
de la qualité de l'air
-
inventaire
et caractérisation des émissions dans l’air des installations
industrielles et artisanales de la ville de Fès;
-
mise
en place d’un système de contrôle de la qualité de l’air dans la ville
de Fès: capteurs pour la mesure de polluants (dioxyde de soufre,
monoxyde et dioxyde d’azote, poussières, Pb);
Réduction de l'effet des poussières dans les
villes
-
Mise
en place d'un plan d’élimination des poussières dues à l’exploitation
des carrières et au transit des camions transportant les matériaux par
le centre de la ville de Sefrou.
-
Plan
de création de ceintures vertes pour la protection des agglomérations de
la Moyenne Moulouya contre les poussières.
Patrimoine
historique
La
dégradation, souvent irréversible, du patrimoine historique et
civilisationnel traduit le fait que cette question n'est pas encore
traitée avec le niveau d'efficacité requis. La ville de Fès,
partiellement considérée comme patrimoine universel, n'a pas encore
réussi à mettre en place une politique efficace en matière de
réhabilitation et de sauvegarde du patrimoine, malgré les efforts
déployés par les autorités et par l'ADER. Le projet de relogement des
"tanneurs", dont l'objectif est la réhabilitation de la médina butent
encore sur des problèmes liés au faible pouvoir d'achat des artisans
concernés.
Le plan
d’action a proposé les actions suivantes :
Conservation
des ressources en sol
L’érosion
constitue la principale cause de dégradation des sols. Ses effets sont
multiples: perte du substrat de végétation et perte de fertilité. Elle
se traduit notamment par une perte de productivité agricole, forestière
et pastorale. A l’aval, elle provoque l’envasement des retenues de
barrages et des ouvrages hydro-agricoles.
Les
risques de dégradation des sols sont forts sur 40 % de l’étendue de la
Centre-Nord (16.700 ha). Les terres les plus exposées comprennent le
couloir pré-rifain, les collines du Prérif, les montagnes du Rif, de
Kétama, de Jbel Tazeka et de Taïneste.
Les
risques d’envasement sont particulièrement importants dans les bassins
versants rifains: Inaouene (1.110 tonnes/km2/an), Ouergha (2.000 à 3.600
tonnes/km2/an), Nekor (6.000 tonnes/km2/an). L’envasement progressif de
la retenue Mohamed V, sur l’oued Moulouya est préoccupant: son volume
est passé de 726 Mm3 à 470 Mm3, et ne sera plus que de 200 Mm3 en l’an
2020.
Cette
situation est accentuée par la pression humaine massive qui prévaut dans
les zones les plus menacées; cette pression cause depuis plusieurs
années le défrichement des groupements végétaux à base d’essences
secondaires et fait repousser les cultures sur les pentes les plus
fortes et les plus sujettes à l’érosion.
Le plan
d’action a proposé les actions suivantes :
réhabilitation et conservation des sols agricoles ( promouvoir les
travaux de Défense et de Restauration des sols (DRS)
-
faire des
banquettes selon le sens des courbes de niveau afin de briser
l'écoulement des eaux et de réduire le transport des sédiments
-
réaliser
des plantations d'arbres fruitiers, tels que l'olivier, l'amandier, le
figuier et le caroubier, avec des densités optimales pour la mise en
valeur des terrains en pente.
inventaire
et cartographie des ressources en sols
-
évaluer
le potentiel en sol de la RCN;
-
repérer
les sols à problèmes (érosion, salinité...);
-
établir
des cartes de vulnérabilité à la dégradation.
-
établir
des directives en matière d'évaluation de risques de dégradation.
Protéger les
ouvrages hydrauliques contre l'envasement
-
mise en
oeuvre des mesures et recommandations des études de bassins versants en
matière de conservation des sols, notamment à l'amont des ouvrages
hydrauliques (DERRO, Plan d'aménagement des bassins versants..).
-
réalisation d'actions prioritaires: notamment en matière de
stabilisation des berges et zones sensibles (mesures biologiques et
mécaniques)
Lutte contre
la désertification dans la région de la Moulouya
-
ensemencer les parcours d'espèces végétales résistantes et productives
(voir l'expérience réalisée à Aard dans la haute Moulouya).
-
promouvoir les techniques de collecte d'eau pluviales (water harvesting)
-
sensibiliser la population des usagers des parcours à l'importance de la
conservation des sols et des parcours et aux risques de désertification.
Gestion des
ressources en eau
La région
du Centre-Nord reçoit près de 20% des apports moyens en eau de surface
enregistrés à l’échelle nationale, soit plus d’apports que les bassins
du Tensift, Tangérois, Loukkos et Souss Massa réunis. Cette richesse
hydrique est cependant menacée par les effets d’une pollution
considérable, évaluée globalement à 87.000 tonnes par an de matières
polluantes, dont près de 80 % sont produites dans la ville de Fès.
La
dégradation de la qualité des eaux a touché la majorité des branches du
bassin du Sebou. La situation est particulièrement critique dans les
cours d’eau qui reçoivent des rejets urbains : Oued Fès, oued Iyhoudi,
Oued Inaouen, etc. La plus grande partie de l’écoulement de ces oueds
est constituée de ces rejets. Les indicateurs de pollution sont tels
que, même à 90 km de la confluence de oued Fès, utiliser cette eau pour
produire de l’eau potable est à peine tolérable, voire inacceptable.
D’autre
part, la surexploitation des eaux souterraines du Saïs est à l'origine
de la chute des débits des sources et des débits de base des cours d’eau
de la plaine, notamment Oued Fès dont la capacité épuratoire est réduite
à néant.
Des
signes d’invasion marine sont, par ailleurs, enregistrés dans la nappe
du Nekor sur le littoral méditerranéen de la région
Les actions
suivantes sont proposées :
Accroissement de la mobilisation de l'eau
-
accroissement de l'alimentation en eau potable;
-
accroissement de la production agricole;
-
création
de revenus et fixation de la population dans les zones les plus touchées
par l'exode rural (notamment la Moulouya et la province de
Taza);
-
création
de possibilités récréatives (lacs de barrages).
Conservation
et protection des ressources en eau
-
élaborer
un programme intégré pour la conservation des débits de base des cours
d’eau de la plaine du Sais: réglementation des pompages, aménagements de
recharge, ressources d’appoint pour l’irrigation, etc.;
-
élaborer
un programme de conservation des eaux souterraines par recharge
artificielle: Nekkor, partie méridionale de la nappe phréatique du Sais,
petites nappes alluviales du Prérif, nappes alluviales du versant est du
Haut Atlas dans la moyenne Moulouya;
Dépollution
et restauration de la qualité de l'eau
Renforcement
des capacités de gestion
Approvisionnement en eau potable
Alimentation
en eau potable urbaine
-
élaboration de schémas directeurs actualisés d’alimentation en eau
potable de toutes les villes et centres de la région;
-
équipement des quartiers non encore raccordés dans les villes de la
région
-
élaboration de programmes de dégagement de ressources en eau
complémentaires pour résoudre les situations de déficit actuelles et à
venir qui caractérisent les villes et centres de la région;
-
élaboration de programmes d’amélioration des rendements des réseaux de
production et de distribution d’eau en milieu urbain: rendement de 95 %
à moyen terme;
Approvisionnement en eau potable en milieu rural
Assainissement, épuration et valorisation agricole des eaux usées
La
Centre-Nord présente des déficits notables en ce qui concerne
l’évacuation et l’épuration des eaux usées en milieu urbain. Le taux
moyen de raccordement de la population de la région à un réseau
collectif d’assainissement est de 64 % . Près de 480.000 hab des villes
et centres de la région ne sont donc pas raccordés. Le déficit
d’équipement est plus important que la moyenne nationale et place la RCN
parmi les régions les moins équipées du pays. Les niveaux d’équipement
sont particulièrement bas pour quelques villes importantes de la région:
65 % pour Fès; 47 % pour Missour; 25 % pour Outat El Haj; 40 % pour
Guercif.
Les
réseaux d’assainissement de la région sont dans le cas général vétustes,
en mauvais état, sous-dimensionnés et mal entretenus: 8 % seulement de
ces réseaux sont jugés en « bon état ». Cette situation se traduit par
une fonctionnalité insuffisante des réseaux: ruptures et casse de
collecteurs, endommagement d’avaloirs et de regards, colmatage,
autocurage insuffisant, etc.
Les
effets de cette dégradation accentuent l’impact de la pollution charriée
par les eaux usées, compliquent les problèmes de gestion des réseaux et
affectent la salubrité publique: contaminations et risques sanitaires
graves dus aux fuites, à la stagnation et aux débordements des eaux
usées.
D’autre
part, les stations construites pour l’épuration des eaux usées des
villes de Boulemane, Imzouren, Bni Bouayach, Thar Souk, Outat El Haj,
Missour, Aknoul, etc., ne fonctionnent pas actuellement; la plupart ne
semblent pas avoir été exploitées par le passé. Les systèmes de lagunage
existants sont défaillants, mal implantées et sous-dimensionnés. Ces
stations n’ont donc aucun impact sur l’abattement de la pollution
organique. Le déficit en épuration demeure total et les rejets sont
évacués à l’état brut.
La
situation en milieu rural est davantage préoccupante; moins de 1 % des
localités et douars disposent d’un réseau d’assainissement et moins de
15% de ces localités disposent d’un assainissement individuel par
latrines. Le sous-équipement est chronique en la matière, les conditions
de salubrité douteuses et les rapports à l’hygiène fortement précaires.
Devant
cette situation, l’objectif-cible du plan d’action est d’apporter une
amélioration substantielle des équipements de collecte et d’épuration
dans la région, sur la base des recommandations du SDNAL.
Les actions proposées sont :
Assainissement urbain (réseaux et branchements)
-
engager
les travaux de réhabilitation des réseaux d’assainissement dégradés ou
inAdaptés
-
réduire
les déficits d’équipement dans les quartiers existants et nouveaux.
-
éradiquer
les points noirs et réduire les risques sanitaires dus aux fuites, à la
stagnation et aux débordements des eaux usées au sein des villes et
centres.
Assainissement en milieu rural
-
vulgariser les systèmes autonomes d’assainissement en milieu rural et
associer de manière systématique la composante de l'assainissement dans
Les programmes d’approvisionnement en eau et d’encadrement sanitaire;
-
assainissement des centres prioritaires:
Epuration
et réutilisation des effluents urbains
-
réhabiliter les stations d’épuration existantes, améliorer leur
rendement épuratoire et mettre en place un système de prise en charge en
vue de leur fonctionnement adéquat;
-
mettre en
place des plans de traitement primaire des rejets des eaux usées brutes
de l’ensemble des villes et centres
-
établir
des directives régionales et communales en vue de proscrire la
réutilisation des eaux usées à l’état brut pour l’irrigation;
-
réaliser
des études d'évaluation sanitaire des effets de l’irrigation non
contrôlée, par des eaux usées dans la région;
Littoral
Le
littoral de la Centre-Nord est particulièrement fragile en raison des
caractères géomorphologiques, hydrologiques et biologiques de ses côtes.
Il subit en outre des agressions qui dégradent sa qualité et ses
ressources. Les côtes sont ainsi polluées par les rejets des eaux usées
et le déversement de matières solides sur les rivages; les plages sont
dégradées par la surfréquentation; l’érosion naturelle menace les dunes,
baies, lagunes et estuaires; l’urbanisation non contrôlée et
l’extraction abusive des sables de plage aggravent cette menace.
Les
ressources halieutiques sont surexploitées et dégradées en raison de
l’effort de pêche non contrôlé et de l’usage d’explosifs et de modes de
pêche illicites.
Le
littoral de la région est, par ailleurs, vulnérable aux risques de
déversements accidentels d’hydrocarbures et recèle une faune de grand
intérêt écologique, aujourd’hui menacée.
La
situation qui prévaut sur le littoral de la RCN appelle donc une action
environnementale, à la fois préventive et de reconquête de la qualité du
milieu côtier de la région. Il s’agit de stopper le rythme de
dégradation du littoral, de rétablir la qualité du milieu côtier et de
préserver la capacité de production de l’habitat de poisson.
Les actions proposées sont :
Dépollution
et restauration de la côte
Protection du
littoral contre les déversements accidentels
-
élaborer
des mesures d'urgence et établir les mécanismes pour détecter et
signaler tout cas de pollution dans les différentes zones du littoral de
la région;
-
fournir
les moyens nécessaires pour les interventions d’urgence: dispersants
chimiques, estacades gonflables; écumeurs, etc.;
-
instaurer
une surveillance continue du degré de conTamination du milieu par les
hydrocarbures, même en dehors des déversements accidentels (étant donné
que le littoral de la région est traversé par une flottille nombreuse de
pétroliers);
-
instaurer
des mécanismes d'indemnisation en cas d’accidents.
Conservation
de la biodiversité
-
établir
l'inventaire des espèces menacées ou vulnérables dans le littoral de la
RCN;
-
établir
l'inventaire des populations d’oiseaux marins du littoral de la RCN .
-
élaborer
des rapports d’état sur la situation des espèces spécifiques et
prioritaires;
-
cartographier les habitats et analyser des substances chimiques toxiques
présentes dans les tissus de ces différentes espèces;
-
identifier les sites à protéger dans le cadre du programme de sauvegarde
des habitats;
-
réaliser
des études d'évaluation écotoxicologique des rejets liquides et de
l’état de santé des espèces ainsi que l’impact de la réduction des
rejets sur les niveaux de contamination du milieu;
-
instaurer
des moratoires et périodes de surveillance appropriées
-
Protection des ressources halieutiques
-
instaurer
une limitation des activités halieutiques pratiquées par les unités
polyvalentes de pêche basées à Al Hoceima;
-
procéder
au respect rigoureux de la réglementation existante en ce qui concerne
le chalutage au delà de 3 milles et la chasse sous marine;
-
procéder
à l’interdiction de chasser à la lampe sous marine;
-
instaurer
une allocation d’un quota de mérou par semaine et par chasseur muni de
son permis de chasse, délivré par les Affaires maritimes;
-
établir
un plan d’organisation du secteur de la pêche (milieu associatif et
professionnel) en vue d’une production halieutique auto-contrôlée et
auto-régulée;
Aménagement
côtier
-
Développer une approche appropriée à l’aménagement touristique du
littoral: introduire les notions de capacité d’accueil et de seuil de
fréquentation des sites touristiques; concevoir ces seuils pour
l’ensemble des sites du littoral de la région (le Littoral et les sites
touristiques en particulier possèdent une capacité limitée et chiffrable
d’assimilation, selon cette approche);
-
Mettre en
place des procédures de contrôle strict et régulier des conditions
d’hygiène, de salubrité et d’assainissement des campings autorisés;
-
Mettre en
place un plan d’éradication des campings clandestins, non équipés et
présentant des conditions graves de pollution et d’insalubrité;
-
Etablir
des directives pour instituer l’obligation d’études microbiologiques des
eaux de Baignade, avant, pendant et après la saison estivale au niveau
des stations balnéaires de la région;
-
Etablissement de directives destinées à éviter l’aménagement linéaire
des côtes et définissant les conditions d’accès au littoral, notamment
le long de bandes côtières dont la largeur est également à définir;
-
Institution de l’obligation d’une étude d’impact environnemental pour
tout projet de lotissement, de complexe touristique, d’installation de
production, etc.;
-
Mise en
place une structure provinciale de vigilance contre les menaces de
défiguration de sites du littoral.