Comme l’ensemble du pays, la région
Meknès-Tafilalt a connu au cours des dernières décennies une augmentation
démographique et une croissance économique qui augmentent de façon
considérable la pression sur le milieu naturel et l’exploitation des
ressources.
En
effet, avec les mêmes ressources fondamentales,(superficies de terres
agricoles, précipitations, etc.) la région doit répondre aux besoins d’une
population fortement augmentée et dont les niveaux de vie et de
consommation n’ont heureusement pas cessé de s’élever.
Malgré le fort mouvement de
l’urbanisation, les densités rurales restent élevées et continuent à
augmenter dans la région. Il en résulte une pression accrue sur le milieu
et une surexploitation des forêts et des parcours, en particulier, qui
augmente les risques d’érosion et de désertification.
Les principaux problèmes de la région
concernent :
-
la pollution des
milieux (eau, air, déchets), surtout dans l ’agglomération de Meknès et
les villes moyennes.
En effet, dans la région du Centre-Sud
comme dans le reste du Maroc, l’urbanisation concentre les pollutions
sur un petit nombre de sites, ou les interventions sont coûteuses et
difficiles et ou l’insuffisance des moyens a les conséquences les plus
dommageables.
* Pollution de
l’eau
En milieu rural, malgré les quantités
globalement importantes (264 t/jour de matière organiques et 108 t/jour
d’équivalent sec) ces rejets ne posent pas de problèmes aigu pour
l’environnement, du fait principalement de leur dispersion sur de
grandes surfaces et de leur caractère dégradable.
La production d’eaux usées en milieu
urbain y est plus considérabe, du fait d’une consommation accrue d’eau
potable. Avec une population comparable, les villes produisent environ
trois fois plus d’eaux usées que les campagnes, totalisant une charge de
matière organique beaucoup plus élevée (15 fois) du fait aussi des
pollutions de l’industrie alimentaire. Ces quantités importantes de
polluants, concentrées et rejetées dans les oueds sans aucun traitement,
sont à l’origine d’importantes pollutions des oueds de la région de
Meknès (bassin du Sebou) et de l’Oum er Bia en aval de Khénifra, et de
pollution moins importantes en aval d’Ifrane, d’Azrou et de Errachidia.
En outre, la réutilisation des eaux usées urbaines pour l’irrigation,
sans traitement préalable et avec beaucoup de risque pour la santé
publique est constatée en aval de Meknès et de Errachidia sur ne grande
échelle.
• réduction des pertes d’eau dans le
réseau de distribution de Meknès
cette action consiste à :
- réaliser un inventaire des points
faibles du réseau (coût :1 million de DHs) ; et
- prioriser les interventions et élaborer un plan pluriannuel de remise
en état.
• économie d’eau et réduction de pollution
par les industries
- mise en place d’un groupe de suivi de
cette action au niveau de la Wilaya, piloté par l’agence de bassin
- choix d’un groupe d’industries-pilotes
- élaboration de projets de dépollution de ces unités et présentation au
FODEP
- concrétisation des projets de dépollution
• réalisation d’une station de traitement
des eaux usées de la ville de Meknès
• mise en place d’une opération pilote de dépollution des tanneries et
teintureries des agglomérations de Meknès et Khenifra
• mise en œuvre des SDAL de Aïn Taoujdate, Mrirt, Khenifra-Amalou,
Midelt, Ifrane, Azrou et d’Errachidia
• mise en place d’une unité de traitement des rejets des abattoirs de M’Haya
( 5 M DH)
• création d’une unité de traitement des eaux de Aïn Aati (Tafilalt) ou
fermeture de ce forage inutile.
• optimisation de l’utilisation de l’eau dans l ’exploitation minière de
Jbel Aouam
• dépollution des huileries de Aïn Toujdate
* Pollution de
l’air
La pollution de l’air dans la région est
un phénomène encore assez nettement localisé aux abords de
l’agglomération de Meknès. Les statistiques montrent que c’est en effet
dans cette zone que ce concentre environ 89% du parc automobile de la
Région, et la plus grande partie des industries polluantes. Le trafic
automobile rejette annuellement dans l’atmosphère 1956 tonnes de SO2,
20454 t de NOx, 780 de matière en suspension et 13t de Pb : la seule
ville de Meknès provoque environ 60% de ces émissions.
A titre de comparaison, les déchets gazeux des industries représentent
15 600 t de SO2, 6584 t de NOx 9072 t de particules en plus de gaz ou de
poussières spécifiques et de CO2.
• mise en place d’un réseau permanent de
suivi de la qualité de l’air et de sensibilisation à Meknès
• sensibilisation des différents acteurs à la nécessité de préserver la
qualité de l’air
- montrer l’impact néfaste de la pollution
automobile et industrielle sur la qualité de l’air dans la wilaya
- faire connaître les retombées sur la santé des citoyens que représente
la dégradation de la qualité de l’air
- indiquer les méthodes et techniques nouvelles pouvant être mises en
œuvre pour réduire cette pollution
* Déchets solides
Le secteur des ordures ménagères et des
déchets solides pose moins de problèmes que celui des eaux usées. La
production de déchets domestiques est de l’ordre de 171 654 tonne/an en
milieu rural et de 247 296 tonne/an en milieu urbain. Dans la plupart
des localités urbaines même de petite taille, le service d’enlèvement
est assuré, mais les décharges sont très mal implantées et quasiment
jamais clôturées et gérées. A part les problèmes visuels et olfactifs,
cette situation ne pose de grands problèmes que dans les villes
importantes de plus de 15.000 habitants, et notamment Meknès.
• Déplacement de la décharge de Meknès et
amélioration de sa gestion
• Aménagement de la décharge d’Arfoud ( 3 millions de DH)
- étude succincte pour l’emplacement et
les aménagements du site
- réalisation des aménagements
- introduction de nouvelles mesures de gestion de la décharge
• Enlèvement des déchets dans les ksours
du Tafilalt (1 million de DH)
- identifier les Ksours concentrés par
l’action
- mettre au point des méthodes de collecte adaptées au contexte
- identifier les sites de décharges et les aménagements minimaux
nécessaires
- arrêter un montage institutionnel repartissants les responsabilités de
chacun
• Inventaire des déchets solides des
industries de Meknès
- évaluer la quantité et la nature des
déchets produits
- capitaliser les résultats dans une base de données et les intégrer
dans le SIG régional
- mettre en place un mécanisme de mise à jour de cette information
• Gestion des déchets hospitaliers dans la
wilaya de Meknès
- responsabilisation et formation d’un
cadre au sein de l’hopital
- formation et sensibilisation du personnel
- mise en place d’un tri intra-hospitalier rigoureux
- améliorer les circuits intra et extra hospitaliers
- éliminer les déchets solides hospitaliers
La forêt est une ressource naturelle
importante de la région Centre-Sud, elle couvre 809.000 ha et comprend
76% de la cédraie productive du Maroc. Elle est menacée de dégradation
en raison de quatre causes principales. La forte pression pour obtenir
des terres labourables, de la part des populations riveraines, se
traduit par des défrichements incontrôlés relativement importants, qui
font diminuer la surface forestière d’environ 500 ha/an. En second lieu,
la même pression démographique entraîne une forte surexploitation du
bois de feu. Les prélèvements sont environ 2,5 fois supérieurs aux
capacités de renouvellement et entraînent inévitablement un
appauvrissement de la forêt. En troisième lieu, on constate une
aggravation du surpâturage (attesté aussi par l’augmentation du nombre
d’ovins) qui dépasse de trois fois environ la charge normale.
Le surpâturage affecte aussi, de façon
encore moins contrôlée, les parcours hors forêt, en diminuant le couvert
végétal et en livrant les sols à l’érosion et, dans la zone Sud-Est, à
la désertification.
• sauvegarde des parcours dans le Moyen
Atlas (19 500 000 DH)
- délimitation de la zone
- identification et organisation des éleveurs
- développement des ressources pastorales
- amélioration des infrastructures de base
- vulgarisation, recherche et formation.
• approvisionnement en eau potable des
zones rurales de la province d’Errachidia (70 millions DH)
- réalisation de points d’eau potable dans
certaines zones rurales et cette province pour permettre l’accès à l’eau
potable de 200 000 habitants
• protection du site de Moulay Driss
Zerhoun (600 000 DH)
- élaborer un plan de protection du site
- adapter les plans d’aménagement afin d’éviter les constructions de
nature à dégrader l’image de cette cité historique.
• appui à la création du Parc National du
Haut Atlas Oriental ( Cf fiche ci-jointe)
• appui à la création du Parc Naturel d ’Ifrane ( Cf fiche ci-jointe)
• reconstitution de la palmeraie
(Tafilalt) (425.000,00 DH)
Dans ce cadre deux projets ont été déjà
lancés au niveau de la région :
- Le Plan National de développement du
palmier dattier depuis 1986
- La plantation d’un million de palmiers dans le Tafilalt en 1992
Cependant, jusqu’à 1995 seuls 50.000
vitro-plants ont été distribués par l’ORMVA-Tafilalt qui assure
l’encadrement des agriculteurs et la conduite sous serre en période
d’élevage des vitro-plans. Alors que le Plan National prévoit la
distribution de 2 M de vitro-plans. Ainsi une opération de sélection, de
multiplication et de la distribution des rejets tolérants et de qualité
commerciales acceptable s’avère d’une extrême nécessité.
A cet effet, le plan d’action issue de la
Monographie de l’Environnement de la région Meknès-Tafilalt propose la
reconstitution de la palmeraie, parallèlement à la distribution des
vitro-plans, à travers l’opération de sélection, de multiplication et de
distribution des rejets de palmiers dattier
• renforcement de la lutte contre l
’ensablement (41.600.000,00 DH)
Les réalisations effectuées par les
services régionaux en matière de lutte contre la désertification et
l’ensablement sont :
- L’installation de 32 650 plaques
fibro-ciment.
- La fixation de 180 ha de dunes vives par quadrillage en palmes et en
alfa.
- La fixation biologique de 126 ha à base de tamarix et d’atriplex.
- La mise en défens de 6.000 ha.
Ces réalisations ont permis :
- la protection de 20% des terrains
menacés.
- la protection de 9700 ml de tronçons de routes
- la protection de 16 agglomérations abritant plus de 20.000 habitants.
- le traitement d’une dizaine de khettaras.
L’action proposée par le plan d’action
consiste à :
- traiter 500 ha de dunes par fixation
mécanique ;
- installer une bande de végétation à base de Tamarix aphylla et
d’acacia cranphila le long de la frange Sud-Ouest des palmeraies de Jorf
et du Tafilalt sur une superficie de 1000 ha ; et
- créer 500 ha de rideaux « brise-vent », dans les zones où le vent
emporte le sable, constitués d’essences adaptées comme le Tamarix
aphylla.
• Conservation et mise en valeur des
ressources génétiques phoenicicoles du Tafilalt (8 millions DH)
- inventaire des populations par espèce et
variété
- échantillonnage de spécimen à cultiver dans l’arborétum
- création de l’arborétum
- études d’amélioration des techniques de conduite culturale des
différentes espèces
- études préliminaires d’amélioration génétique
• Protection des berges du Ziz ( 5
millions DH et du Ghéris ( 17 millions) contre l’érosion
• Etude de la dynamique de la désertification et de l ’ensablement dans
le Tafilalt ( 2 150000 DH)
• Mise en valeur de la réserve à gazelles
• Protection du site des dunes de Merzouga :
- mise en place d’un plan de protection
- réglementer les constructions et les campements
A côté des projets physiques et localisés
cités plus haut, il sera nécessaire de mettre en place des institutions
susceptibles d’apporter aux collectivités locales (commune et région)
une aide permanente pour la gestion et la solution des problèmes
environnementaux. Pour cela les mesures suivantes sont proposées :
-
Création et mise à jour d ’un annuaire
statistique de l ’environnement de la région Meknès-Tafilalt.
-
Création d ’une équipe technique itinérante d ’appui aux collectivités
locales (500 000 DH)
-
Création d ’une structure de coordination et de promotion de projets
de protection de l ’environnement réalisés par d’autres opérateurs
(départements ministériels, privés, ONG, coopération internationale).