Système d'Information et Données sur l'Environnement
 de l'ex-région économique du Centre

 

Introduction :

Le système d' Information Géographique de l' ex-Région Economique du Centre (REC) a été conçu sur la base d'un modèle qui organise l'information spatiale en données alphanumériques et cartographiques. Il a été développé sur une plateforme informatique composée de deux logiciels :

Access : Base de données alphanumériques.
Arc view : Système d’Information Géographique.

L'ex-région économique du Centre couvre actuellement quatre régions : Grand Casablanca, Chaouia-Ourdigha, Tadla-Azilal et Doukkala-Abda.


 

1. Carte administrative de la région :

 

 

2. Le contenu du SIDER :

 

Les données cartographiques

Les données alphanumériques

Les problèmes environnementaux majeurs de la région

Les Applications

Les Données cartographiques :

Conduite d’adducteur de l’eau potable ;
Barrages Collinaires ;
Barrages ;
Bassins versants ;
Les canaux de la REC ;
Carrières ;
Classes de dureté ;
Climat ;
Classes de magnitudes ;
Communes des régions ;
Conductivité de la nappe de Tadla ;
Classes de perméabilités ;
Formations végétales ;
Géosystèmes ;
Réseau hydrographique ;
Lacs ;
Nappes de la région ;
Nitrates dans la nappe de Tadla ;
Classes de pentes de la RFC ;
Carte des périmètres irrigués ;
Provinces de la région ;
Qualité de l’eau ;
Qualité des eaux de la nappe de Tadla ;
Limite de la région du Centre ;
Carte des reliefs ;
Réseau routier ;
Carte des zones sismiques ;
Sites des monuments historiques ;
Sources de pollutions industrielles ;
Villes de la région ;
Zones montagneuses 

Les données Alphanumériques: 

Apports déversés dans les barrages
Etat trophique des eaux de retenue
Liste des barrages
Liste des barrages collinaires
Liste des captages
Liste des communes
Classe d’âge des populations
Données sur l’éducation
Les populations par ville
Données démographiques
Données agrosylvopastorales
Liste des nappes
Liste des périmètres irrigués
Pollution organominérale
Liste des provinces de la REC
Liste des collecteurs
Périmètre d’assainissement
Rejets des eaux usées
Rejets solides
Stations d’épuration
Liste des rivières traversant la REC
Qualité des eaux des rivières
Liste des maladies
Liste des formations sanitaires
Liste des maladies transmises
Données des maladies
Données dur le personnel médical
La faune dans les SIBE
Liste des SIBE
Données des résidus secs dans la nappe de Tadla

Les problèmes environnementaux majeurs de la région :

La région est confrontée à quatre problèmes majeurs contenu tenu de leur impact environnemental :

  • La pollution industrielle ;
  • L'aménagement du territoire ;
  • La dégradation des ressources en eaux et forêts.

Les Applications 

Pour illustrer les possibilités de traitement et les résultats auxquels le système permet d’aboutir, la section suivante présente un exemple concret de pollution de la nappe de tadla.

1. Présentation de la problématique :

Cette application utilise les données du système pour traiter la résolution d’éventuels problèmes liés à la pollution. Ainsi, une analyse des flux de polluants déversés dans la nappe de Tadla montre une situation précaire obligeant une intervention rapide et efficace en vue d’enrayer la pollution dans cette nappe.

Pour répondre à cette problématique, l’adoption d’une démarche nous a été nécessaire. Celle-ci fait l’objet des sections qui suivent.

2. Description de l’application

Cette application est une variante du Système d’Information Géographique de la Région Economique du Centre (SIGREC) résultant de la mise à contribution de plusieurs paramètres dans le but de résoudre une problématique donnée. De ce fait, une application a été développée pour apporter des solutions à la pollution de la nappe de Tadla. Une analyse multicritères a combiné les éléments suivants :

  Concentration en nitrates ;
 ◊ Concentration en sel (conductivité) ;
 
Teneur en résidus secs ;
 
Présence de périmètres Irrigués ;
 
Rejets industriels ;
 
Perméabilité ;
 
Dureté.

L’analyse de ces principaux critères, grâce aux modules disponibles sur SIGREC, a permet de situer les zones les plus touchées et d’orienter la prise de décision pour l’atténuation de la situation.

3. Démarche adoptée : conception et développement de l’application

Cette démarche se déroule comme suit :

  1. l’analyse des informations et détermination des données cartographiques et alphanumériques à mettre en relation,

  2. l’utilisation des outils d’analyse spatiale : « Extraction » des zones sensibles par l’utilisation du module «XTOOLS».

3.1. Analyse des informations et détermination des données cartographiques et alphanumériques à mettre en relation.

La nappe de Tadla est menacée par des flux de polluants diversifiés provenant soit de :

  Les activités agricoles (les nitrates et les sels) ;
 
La proximité des industries de transformation ;

La nappe de Tadla présentée dans la Figure 1, est soumise à des menaces de pollution dont l’envergure est sans précèdent.

Figure N° 1 : Localisation géographique des nappes de l'ex-région Economique du centre

 

 

 

La carte présentée sur la figure 2 montre la qualité des eaux de cette nappe. Cette qualité est surtout « souillée » par des polluants tels que les nitrates.

 

Figure N° 2 : Qualité des eaux souterraines dans la nappe de Tadla 

 

 

 

Outre ces données spatiales, le tableau ci-dessous donne des concertations en nitrate relevées dans la nappe de Tadla, plus précisément dans les deux « sous-nappes » : nappe des BENI AMIR et celle des BENI MOUSSA.

 

Tableau 1 : Flux de nitrates infiltré dans la nappe de Tadla (BENI AMIR et BENI MOUSSA.

 

Cultures

Périmètre de Beni Amir

Périmètre de Beni Moussa

Superficie Irriquée (Ha) Flux annuel Nitrates infiltrés t/an

 Betterave

6000 478 14 000 1 116

 Bersim et fourrages

5200 114 3 200 70

 Coton

  4 900 391 5 000

 Céréales

7200 526 27 000 1 973

 Maraîchages

2700 269 8 500 847

 Plantation

7300 82 5 700 64

 (Oliviers)

      -

 Luzerne

6400 140 5 200 114

 Agrumes

- - 7 100 613
 Arboriculture - -   -
Source : les résultats ont été repris du catalogue des données de la monographie régionale.
 

D’après ce tableau, la concentration en nitrates varie en fonction des spéculations culturales (blé, betteraves, etc.) mais également selon la période agricole. Dans la nappe des BENI AMIR, la concentration en nitrates, pour une spéculation comme la production de betteraves, peut atteindre 478 t/an, alors que pour la même spéculation, la concentration atteint 1116 t/an dans la nappe de BENI MOUSSA. Ce qui montre une forte pollution, engendrée par ces spéculations, qui est plus marquée dans la nappe de BENI MOUSSA que celle observée dans la nappe de BENI AMIR.

De plus, les sels résultants de la forte évaporation des eaux entraînent une augmentation marquée de la concentration salière dans la nappe. Ce qui s’explique par une forte conductivité.

 

Tableau 2 : Répartition en fréquence des résidus secs dans les nappes de Beni Amir et de Beni Moussa

 
Résidu sec (mg/l) Fréquence 100%
BENI MOUSSA BENI AMIR
< 600 33.30 0.00
600<RS<1000 27.40 5.88
1000<RS<2000 23.50 2.94
2000<RS<3000 3.92 20.50
3000<RS<4000 3.92 29.40
4000<RS<6000 5.88 32.35
>6000 0.00 8.80

DGH/ONEP : Juin 1993

 

 La figure 3 : montre la répartition spatiale de ces sels et délimite les zones où la concentration est très forte

 

 

 

Selon ces données spatiales, il se dégage, à première vue, une forte concentration de sel dans la nappe de BENI AMIR .

L’explication peut être attribuer à la morphologie de terrain, le drainage des eaux entre la nappe de BENI AMIR et BENI MOUSSA ou passe l’oued Oum Arbia;  ce qui montre bien l’effet de la vallée pouvant expliquer cette variation de concentration.

Sur la base des prélèvements effectués en 1993, la concentration des sels prélevée (conductivité) avait dépassé la valeur maximale admissible, soit 2700µs/cm, et la même situation a été observée en 1992 où la conductivité a atteint 3000 à 8000µs/cm, correspondant à une salinité de 2 à 5,5 g/l. d’où un état de dégradation avancé de la nappe de Tadla notamment dans celle de Beni AMIR.

Globalement, pour les fortes teneurs en résidus secs (figure 4), les plus fréquents (>6000mg/l), la nappe de BENI AMIR est de loin la plus touchée par rapport à celle de BENI MOUSSA. Cela pourrait s’expliquer, outre l’effet de versant par le faible profondeur de la nappe dans sa région Ouest.

Figure N°  4 : Concentration des résidus secs dans la nappe de Tadla

 

 

La Localisation des périmètres Irrigués comme le montre la figure 5, est aussi un paramètre contribuant à l’aggravation de la situation de cette nappe. En effet, outre les apports de nitrates pouvant venir d’ailleurs, ceux entraînés par l’agriculture occupent une place importante.

Figure N° 5 : Superposition des périmètres irrigués, les nitrates et la nappe de Tadla

 

 

En plus de ce paramètre dont l’influence conjuguée permet de mettre en évidence le degré de gravité de la pollution de la nappe de Tadla, la localisation des sources de pollution, outre les périmètres irrigués, donnera plus de précision sur la contribution de chacune de ces sources, ce qui permettra de mieux asseoir une base de prise de décision orientée vers une gestion optimale de la pollution dans le secteur. La figure 6, présentée ci-après, montre la localisation des principales industries qui constituent les sources potentielles de pollution de la nappe.

Figure N° 6 : Localisation des principales rejets industriels dans la nappe de Tadla

 

 

Pour intervenir dans ces nappes (BENI AMIR et BENI MOUSSA), il est indispensable de prendre en compte tous les paramètres qui sont déterminants dont l’influence peut être marquée : la concentration en nitrates, la salinité, la proximité des industries et celle des périmètres irrigués, la perméabilité, etc…

3.2 Analyse spatiales et mise en relation des données cartographiques

La mise en relation de ces paramètres, permet de mettre en relief les zones où il y a une forte concentration de polluants. Ces zones sont déterminées à la suite de la combinaison de tous les critères mis en cause.

Il est à rappeler que la salinité ou minéralisation peut être représentée par le résidu sec ou par la conductivité électrique à laquelle elle est fortement corrélée.

Ainsi, la superposition de la carte des résidus secs avec les périmètres irrigués, les rejets industriels la dureté, la salinité et la nappe de Tadla montre bien les zones où l’intervention doit être rapide. Ainsi, la figure 7 donnant les résultats de cette superposition montre bien que la nappe de BENI MOUSSA nécessite une intervention en priorité par rapport à la celle BENI AMIR

Figure N° 7 : Superposition de la dureté, les rejets industriels , les périmètres irrigués et la Nappe de Tadla

 

 

Par contre on note une forte concentration de la salinité dans la nappe de BENI AMIR qui est la plus touchée même si à première vue, les industries plus fréquentes sur la nappe de BENI MOUSSA sont moins influents. Cette observation a un aspect trompeur notamment lorsqu’on ignore l’effet de la pente.

Ainsi, la superposition des nitrates et de la nappe de Tadla permet de produire le résultat présenté à la figure 2. Ce qui permet de confirmer le niveau de dégradation de cette nappe. Cette concentration est plus ressentie dans la nappe BENI AMIR que dans la nappe BENI MOUSSA

Figure N° 8 : Croissement de la nappe de Tadla, les périmètres irrigués, les rejets industriels, les nitrates, qualité des eaux souterraines et salinité

 

 

Figure N° 9 : résultats d'analyse de la superposition des périmètres irrigués, la pérmiabilité et la nappe de Tadla

 

 

On constate d’après la figure 8 et 9 que la plaine de Tadla est couverte en grande partie par des perméabilités élevées à moyennes, et une dureté faible ce qui constitue une situation favorable pour l’infiltration des eaux chargées des nitrates vers la nappe.

La qualité globale des eaux de la nappe de Tadla est très dégradée en raison de la très forte salinité enregistrée au niveau de Béni Amir et des teneurs élevées en nitrates relevées dans les deux périmètres (BENI AMIR et celle des BENI MOUSSA) comme le montre la figure 8.

Il est à signaler que la concentration moyenne en chlorures relevée est de 1500 mg / l dépassant largement la valeur maximale admissible par les normes marocaines pour une eau potable, soit 750 mg/l. Les relevés effectués en 1993 confirment sur ce plan, la progression d’un processus rampant de dégradation de la qualité puisque les teneurs en chlorures variait entre 1 258 et 3 013 mg/l alors que le maximum observé l’année précédente était de l’ordre de 2 800 mg/l.

Figure N° 10 : Carte de Synthèse

 

 

En définitive la carte de qualité globale de la nappe du Tadla la figure 8 et 10 fait apparaître un état de dégradation avancé de la ressource due principalement aux fortes salinités pour Béni Amir et aux teneurs élevées en nitrates pour Beni Amir et Beni Moussa.

3. Conclusion :

 

Cette application  a permis de montrer comment le système SIGREC peut être utilisé comme résultat synthétique et détaillé aux profits des décideurs en leur permettent de prendre une décision circonstanciée prenant en considération l’ensemble des paramètres et des contraintes du problème pour définir des interventions ponctuelles.